jeudi 12 décembre 2013

Maisons comme supports publicitaires


·      Un nouveau post avec plein de photos grâce aux embouteillages !

   Il y a peu de panneaux publicitaires ici, le matériel étant vite récupéré pour être refondu et réutilisé pour des usages plus domestiques ou destinés à la vente aux touristes (marmite et ustensiles de cuisine). Les panneaux de circulation subissent le même sort par ailleurs, comme tout ce qui est métallique ! C’est pourquoi, quand il y en a, on trouve des panneaux en ciment ou en bois. 
(


Bref, pub et panneaux de circulation sont liés, vous comprendrez cela dans quelques lignes.

Mais les pub sont malgré tout bien présentes, essentiellement sous forme de maisons peintes aux couleurs du produit. Cela concerne bien-sûr les maisons en bord de route ou à l’angle de deux routes, plutôt fréquentées, et les produits concernés sont essentiellement d’ordre alimentaire car ce sont des biens accessibles à tous et qui parlent au plus grand nombre, même aux plus petits portefeuilles.



Ces pub sont la plupart du temps peintes à la main, un vrai travail d’artiste qui prend en compte le relief de l’habitation. Ce sont des équipes spécialisées (pour une société, par exemple la société Asa Kanto – info prises ici - pour le groupe STAR, qui distribue la plupart des boissons à Mada) qui font se boulot et se déplacent dans le pays au gré des demandes. Chaque membre de l’équipe a sa spécialité : le coloriste pour mélanger les couleurs et obtenir les bons tons, un autre travaille le fond, un autre le lettrage, un autre l’image… Le propriétaire reçoit un dédommagement de la part de la société (il est évoqué ici la somme de 1,5 million d’Ariary annuel pour une pub de boisson, soit 500 euros), et sa maison est toute pimpante (on dit qu’il faut la renouveler au bout de 2 ans en moyenne, l’humidité abimant très vite tout cela).



Three Horse Beer, la bière locale
Au final cela donne de la couleur et de la gaîté, et réserve de belles surprises, par exemple avec la pub de « la Vache qui rit » que l’on ne voit guère plus en France.

Etant donné la quasi absence de panneaux indicateurs des directions, ces pub sont aussi très pratiques en servant de repères pour s’y retrouver et savoir où tourner : je sais que c’est à cette pub/maison qu’il faut tourner pour la descente qui permet d’éviter l’embouteillage de la pharmacie, tel embranchement est à telle pub et ainsi de suite.


Rigolez mais c’est plus que vrai ici, surtout au début quand on ne connait pas du tout les noms des directions et des différents quartiers traversés ! 
Certains pilones électriques jouent ce même rôle aussi (n'est-ce pas Céline ?) …


Divers (classiques) petits désagréments


J’ai souvent parlé des embouteillages de Tana, le mois de décembre étant réputé comme le pire de l’année sur ce point : certains ont mis mardi dernier jusque 3h pour faire la dizaine de km qui relient Ambohibao, chez nous, au centre de Tana…
L’avantage, c’est que du coup on a le temps d’observer et de prendre des photos !
Sur celle-ci un bon aperçu d’un embouteillage classique sur une route secondaire, avec la charrette à zébu en avant, un chargement hétéroclite et le camion devant nous.

Mais manquent sur ce cliché les vélos, piétons, et les chariots bien particuliers comme ceux-ci pris en photo vides et au repos. Les charges portées sur ces chariots sont impressionnantes, et cela dans des montées quelquefois très raides.

Sinon voici « le » point noir enfin dégagé sur la route de la digue : une canalisation séparant les 2 rizières attendait d’être réparée depuis le mois de juin, c’est enfin chose faîte ! On passait facilement 30mn juste pour le ralentissement qu’induisaient ces travaux… A l’arrière on voit le bouchon sur la déviation, car la route n’avait pas encore été réouverte.
Bon le relais est pris depuis, car c’est dans le quartier de 67 hectares que des travaux sont entrepris désormais, en pleine saison des pluies : c’est un accès important au centre et cela contribue lourdement à allonger le temps de transport car les contournements ne sont pas aisés.
Et avec la saison des pluies, l’état des routes ne s’améliore pas du tout : celle derrière chez nous que beaucoup empruntent (y compris nous bien-sûr) pour éviter le bouchon de la pharmacie d’Ambohibao, se détériore à vitesse grand V, les trous sont de plus en plus impressionnants, et cela secoue pas mal à leur passage.
J’ai découvert que les personnes mains tendues entre les voitures, avec leur sac de terre/cailloux au bras, n’étaient pas suicidaires du tout mais demandaient en fait aux automobilistes de donner un peu d'argent pour combler les trous avec de la terre ou des graviers, tant la voirie/mairie brille par son inaction…
Nous n’avons donc pas été étonnés ce mercredi, férié, de voir que cet éboulement proche de la maison s’était amplifié depuis la dernière fois, et qu’apparemment rien ne sera fait jusqu’à ce que ce soit vraiment bloqué.

Autre chapitre sur la route, les « taxi be », ou bus collectifs desservant Tana et ses environs, en général blancs avec une bande rouge tout le long du véhicule. Chaque trajet coûte 400 Ariary (0,133 euros), prix qui a été doublé en septembre dernier. Il existe beaucoup de lignes, chacune ayant des arrêts précis, normalement, mais l’arrêt se fait plus ou moins sur demande et donc de manière sauvage, quasiment toujours sans clignotant bien-sûr. Selon les embouteillages certains modifient leur parcours, ce qui donne lieu à des empoignades car évidemment les clients ne sont pas forcément prévenus à temps et sont débarqués n’importe où. Ils roulent n’importe comment (il se dit que lorsque le chauffeur est trop ivre c’est le receveur, qui ne sait pas conduire, qui prend le volant) : à la lecture quasi-quotidienne des journaux, les taxi-be sont responsables de beaucoup d’accidents mortels avec d’autres véhicules ou des cyclistes/piétons… Il n’est pas rare de les voir se doubler alors qu’ils n’ont aucune visibilité, tout cela pour être le premier à l’arrêt suivant et récupérer plus de monde…


Le receveur est à l’arrière du véhicule, il fait payer et monter les gens, quelquefois alors que le véhicule est déjà reparti. La porte arrière reste toujours entre-ouverte, grâce à une rustine de vélo qui l'empêche de claquer. Une planche est ajoutée dans l’allée entre les sièges pour ajouter quelques places. Je n’ai pas encore eu besoin de faire de trajet ainsi, à vrai dire ce n’est pas très réputé, mais je le ferai un jour pour l’expérience. Achille les a surnommé les « taxi bazar », ce qu’a beaucoup apprécié notre chauffeur qui ne les aime pas du tout, bien que les empruntant lui-même par nécessité.
Le taxi-brousse relie lui différents points dans toute l’île : il y a 4 gares routières à Tana où le bazar est sans nom car se retrouvent les taxis individuels (4L ou 2CV couleur crème), les  taxis be et les taxis brousse en attente pour partir à l’extérieur. Ceux-là ne partent qu’une fois pleins, l’heure de départ est donc complètement aléatoire, il ne faut pas être pressé.
Une dernière, plus légère, sur (pour ?) la route : le nombre de voiture/camion qui crachent une épaisse fumée noire, poussant quelquefois à fermer les fenêtres en quatrième vitesse pour ne pas être asphyxiés !

Bref, il y a tant à faire pour l'entretien des routes, comme pour celui des véhicules...

Dans un autre genre, les violents orages du soir se traduisent par de grandes coupures d’électricité dans la journée du lendemain. Les quelques supermarchés ont tous un groupe électrogène, sauf qu’à force d’être utilisé, celui-ci chauffe et ne fonctionne plus, comme dans ce supermarché ce 9 décembre.
Drôle d’ambiance que de faire ses courses dans le noir !
La fraîcheur des articles ? Pas de problème, on rabat des rideaux en matière des sacs isothermes et on espère que le groupe sera vite réparé ! 
J’avoue que je n’ai pas pris de viande ce jour-là…
Et arrivée à la caisse, on revient à la bonne vieille liste manuscrite, avec 3 employés qui faisaient le va et vient pour indiquer les prix des différents articles, et le total est fait à la calculette. C’était un peu long pour ma part car je n’avais pas que 10 articles !

Merci pour ces photos à Hanta, avec qui je faisais les courses, alors que je n’avais pas mon appareil pour une fois.

Mais bon, tout cela ne sont que de petits tracas dont on s'accommode plus ou moins facilement selon les jours, on relativise bien quand on voit les conditions dans lesquelles vivent la plupart des gens, ou quand on lit ce genre d’articles : http://www.lexpressmada.com/hygiene-salubrite-embouteillages-madagascar/48829-etat-d-urgence-dans-la-capitale.html ou http://www.lexpressmada.com/5696/education-madagascar/48768-les-epp-privees-de-cantine-scolaire.html

A part cela, « tout va très bien, Madame la Marquise », hier au soir était tiré un coûteux feu d’artifice au-dessus du lac Anosy, devenu poubelle géante donc, pour célébrer la Quatrième République  de Madagascar (proclamée le 11 décembre 2010)…

vendredi 29 novembre 2013

Faune et flore autour de la maison


Pour vous donner une impression de notre environnement immédiat, voici quelques clichés du jardin:

D’abord le caméléon. 

Il a son arbre favori mais quelquefois je ne le vois pas du tout. Soit il est très bien camouflé, ce qui serait logique, soit il est ailleurs mais je n’ai pas encore trouvé ses autres repères. Malheureusement, je ne l’ai pas encore vu changer de couleur, mais je ne désespère pas et guette !
Il y a peu, ce petit moineau rouge est apparu dans le jardin (désolée je n'ai pas réussi à plus l'approcher...) :

Il s’agit d’un fody rouge ou mieux connu aussi sous le nom de Cardinal de Madagascar. En fait il prend cette couleur plus ou moins de septembre à mai, il n’est donc pas migrateur. Propre à Madagascar, on en trouve aussi dans les îles alentours où il a été introduit par l’homme mais on ne sait pas s’il est venu tout seul ou s’il a été introduit par l’homme à la Réunion.

En rentrant de notre brocante samedi 23/11 nous avons constaté que nous avions laissé 2 porte-fenêtres ouvertes (pas prudent du tout), ce qui nous a tout de même permis de rentrer dans la maison car je n’avais pas les clés alors que Florent ramenait le babyfoot au club du CAR ; mais ce qui a aussi permis à un oiseau type merle de rentrer à l’intérieur.

En s’affolant, il a fait des déjections corrosives de partout ! Malgré le nettoyage, celles-ci laissent des traces blanches sur le parquet, que la cire n’a pas totalement récupérées... Bien-sûr les enfants étaient affolés, tout comme l’oiseau d’ailleurs, qui a fini par ressortir via une nouvelle fenêtre ouverte.

Outre les bananes, il y a enroulée en lianes au bananier ce que j’ai identifié comme de la grenadelle, nom local du fruit de la passion.

A confirmer une fois mûre !

Allez, je ne résiste pas à partager avec vous aussi la photo d’indésirables cafards, ils sont assez maousses ici (quoique celui-ci ne soit plus très impressionnant), mais heureusement l’action de BHL, la société de désinsectisation (pas le "célèbre" philosophe), est plutôt efficace, on ne les voit que morts ou agonisants aux abords de la maison. Quand ils galopent de nouveau, il faut alors penser à prendre RV avec la-dite société.

C’est aussi la pleine saison des lychees, Florent en transporte des tonnes avec le boulot, sans exagérer, en voici d’ailleurs 2 kilos (entamés par nos soins) qu’il a ramenés.

Ils sont vraiment excellents, bien juteux, la peau est encore molle contrairement à ceux que l’on achète en Europe.
Ils ne sont pas produits dans notre région, les hauts plateaux, car il y fait trop frais, notamment la nuit (ceux-ci seront mûrs plus tard). Ils sont donc acheminés par camion depuis les côtes, revendus sur les marchés en gros puis par petits tas comme sur ces différentes photos.





Sinon pas de w-e à l’extérieur finalement, le temps annoncé est bien maussade, identique à ces derniers jours : alternance de gros nuages gris et un peu de soleil le matin, gros nuages jusque 15h puis pluies abondantes sous forme d’orages. Cela sera plus tranché espérons un peu plus tard, enfin c’est ce que l’on nous dit.
De plus j’ai été barbouillée jeudi et c'était de nouveau Otta aujourd’hui dans une moindre mesure.
Et pour finir, l’Ambassade a émis en début de semaine une « alerte » à la suite d’agression de touristes vers Diego, indiquant d’éviter de tenter les malfaiteurs jusqu’aux élections, on se dit donc que l’on va rester tranquilles finalement… On sort juste ce soir dans Tana avec notre petit groupe d’Ambohibao.

A bientôt pour d'autres nouvelles !

Ajout du 10/12/13

Voici la chouchoute, que je n’avais pas initialement vue dans notre jardin tant elle était bien cachée sous les feuilles. Cela ressemble à une grosse poire rugueuse, un peu plus verte, et sur le bas il y a quelques piquants/épines, il faut la cueillir avec des gants. Ses autres noms sont la christophine, mirliton ou même chayotte à La Réunion. Indéniablement un fruit/légume exotique, consommé en gratin, poêlé, ou rappé cru. Il paraît que c’est très bon pour les problèmes de tension artérielle.
Testée poêlée au beurre avec de la crème fraiche, c'était très bon, entre la courge-courgette et la noisette !