mardi 1 juillet 2014

Manambato

C’est définitivement l’hiver à Mada, à Tana comme sur la côte…

Nous pensions trouver soleil et chaleur à Manambato (côte est) lors de ce w-e prolongé, mais il n’en fût rien ! On savait un peu à quoi s’attendre avec le climat tropical humide de la cote est mais bon, on espérait tout de même passer au travers !
Partis à 5h du mat de Tana pour éviter les embouteillages de la fête nationale, nous sommes arrivés vers 13h, d’abord sous une petite bruine puis, juste le temps de manger notre frichti, sous une franche pluie jusqu’au lendemain… La piste qui mène « Chez Luigi » est bien défoncée et glissante, nous sommes contents d’avoir le 4x4 et surveillons nos amis derrière avec leur camionnette…

Nous sommes sur le lac Rasoabe, l’un des sites les plus sympa du canal des Pangalanes. Le canal s’étend sur 665km et est composé de plusieurs lacs et lagunes naturels reliés entre eux par des aménagements successifs au XXè siècle (début des travaux par le Général Galliéni en 1896, jusque 1904, puis réhabilitation dans les années 1980). Seuls 430 km désormais sont navigables pour des péniches moyennes.
Photo prise sur ce site
Le canal et ses lacs sont séparés de l’océan indien par une mince frange de terre/dunes, où les villages de pêcheurs doivent vraiment courber le dos en cas de tempête ou de cyclône… Malgré tout, sur cette languette, il y a aussi une voie ferrée où circule plus ou moins un train par jour, dingue !
Nous sommes à 293km de Tana donc
Photo prise sur ce site
Profitant d’une accalmie, un petit groupe se rend au village d’où l’on entend cracher la musique depuis un bon moment, cela a l’air sympa : c’est 1 000 Ar par personne pour guincher «au bon coin». De retour au bungalows, impossible de persuader les enfants d’y retourner, ils préfèrent jouer entre eux et les plus grands ne sont pas encore assez ado pour aimer danser, dommage…
Le lendemain en essayant de trouver des beignets frais nous nous faisons rattraper par une marchande d’artisanat local : son étal est ambulant, trop drôle. Elle vend des colliers réalisés avec des graines de plantes, colorés avec des végétaux et autres. Le fil est en raphia, pas hyper solide donc. Le collier offert à la plus petite du groupe n’y résistera pas, je verrai bien combien de temps tiendront les miens. 

Profitant de la belle journée sur les 4, les enfants ont ainsi pu se baigner dans le lac puis après 30mn de pirogue, tremper l’orteil dans l’océan en furie (la baignade y est totalement déconseillée).


La traversée du village de pêcheur est encore bien instructive pour nos enfants (on ne nous signale même pas d’école), mais je ne suis même pas sûre qu’ils réalisent tout à fait la chance qu’ils ont…




Le riz acheté est ici battu puis tamisé pour retirer l'écorce

Côté lac, c’est le débarcadère des pirogues/passagers, mais c’est aussi le lieu de la toilette, de la vaisselle (on frotte les marmites directement au pied avec le sable, très abrasif, et cela marche).





Côté océan c’est la pêche avec les pirogues et la réparation des dîtes pirogues.
Réparation au goudron fondu



Entre les deux, le village, la voie ferrée et quelques cultures.

Le lendemain samedi c’est la visite du Palmarium, réserve privée où il y a 7 espèces de lémuriens et beaucoup de végétation magnifique et endémique (1h30 aller et retour en pirogue), mais pas de chance, ce fut sous la pluie. Tant pis !

Envoûtant canal, il faisait encore un temps correct
Passage entre lac et canal
Belle arrivée au Palmarium, on se croirait dans une publicité
Les enfants ont tout de même adoré, d’autant qu’ici les lémuriens sont encore moins farouches qu’à Andasibe, le vari venant jusqu’à l’intérieur du resto se faire admirer…



Dimanche nous repartons vers 9h, sous le soleil, c’est trop rageant…
La route est magnifique, comme d’habitude. On comprend mieux pourquoi le Ravinala (ravenale ou arbre du voyageur encore) est l’emblème du pays, il y en a des forêts entières.




Cette fois il y a beaucoup plus de camions sur la route, ce n'est plus férié. C'est "la" route qui relie le plus gros port de Mada (Tamatave) à la capitale, elle est donc très empruntée dans les deux sens : pas toujours évident de doubler sur cette route très sinueuse (il faut remonter de la mer à 1500m puis redescendre légèrement)... 





Pour finir il fait vraiment très frais à Tana ces deux derniers matins, je n’arrive pas à me réchauffer, trop statique au bureau, et donc je suis bien contente pour ma part d’aller retrouver bientôt la chaleur estivale française, enfin j’espère !

Veloma !

lundi 23 juin 2014

Paysages de maintenant

Pas de grande nouvelle ni le temps ni l'inspiration pour de grands articles ces derniers temps, donc je partage juste quelques photos du quotidien d'ici.

Les rizières sont désormais totalement asséchées, cela paraît aride et plus triste comme paysage.


Le linge qui sèche égaie toutefois le paysage
 La terre est extraite pour fabriquer les briques là où il reste de l'eau.
Certains fours à briques sont déjà à l'oeuvre, l'odeur de la paille de riz qui brûle dans les fours est particulière, j'aime bien la humer au passage mais je n'aimerais pas forcément l'avoir tout le temps dans les narines !
En fruits de saison voici les nèfles (dits amarula en Afrique du Sud = nous l'avons goûté en liqueur hier, c'était boooon), les gros pamplemousses jaunes, les tomates en arbre, et les derniers ananas, pas mûrs du tout.


Jeudi aura lieu la fête nationale célébrant l'Indépendance du pays. Tous les bâtiments, officiels ou non, se drapent peu à peu aux couleurs nationales et les drapeaux sont en vente à tous les coins de rue.



Cela va crescendo et finira avec un feu d'artifice et des pétards (je vais tâcher d'en faire provision pour janvier et mars prochain, les anniversaires des enfants, car c'est le seul moment où ils sont en vente). Tout cela sera précédé mercredi soir d'une sortie aux lampions à laquelle nous essaierons de participer avec des amis, cela nous rappellera des souvenirs néerlandais et vendéens !

Enfin, comme il fait plus frais (soir et matin surtout, plus les journées grises), on mange de la raclette  dehors, avec les fromages d'Antsirabe :

A bientôt !

jeudi 12 juin 2014

Fiestas et lémuriens

La fin de l’année scolaire approche, et depuis ce mois de mai il y a des fêtes de partout, anniversaires d’enfants et d’adultes, soirée parents/profs/élèves, spectacles de fin d’année, fêtes de départ pour ceux qui quittent Mada…
Nous avons réussi à glisser dans ce programme une fête pour mes 40 ans avec ceux de deux autres copains, comme annoncé précédemment. Le w-e fut très très humide mais néanmoins trop sympa ! Les nouveaux quarantenaires ont eu droit à une tenue spéciale pour un concours de « Just dance », très vite squatté par nos petits !


Nous avons dansé dès 14h pour nous réchauffer si bien que nous nous sommes couchés vers 23h30 avec la sensation qu’il était 3h du mat !
Au programme des festivités il y a la kermesse ce samedi 14 juin que notre association organise en grande partie, cela nous occupe pas mal tant ce n’est pas une mince affaire !
Sinon Achille a visité à plusieurs reprises le LFT (lycée français de Tana), son futur établissement (collège et lyçée), il est désormais impatient d’y faire sa rentrée. J’ai fait 2 visites sur les 4 avec lui, l’établissement est digne d’un 4 étoiles, avec terrains de sport grandioses, piscine, des salles de sciences, d’informatique, de techno (l’imprimante 3D l’a beaucoup impressionné) de dingue, une bibliothèque très agréable et un CDI numérique (50 postes et tablettes à dispo), 2 salles de spectacle… 
Un des multiples bâtiments, notamment celui où il y a la salle d'étude des 6è, qu'Achille va donc pas mal fréquenter.
Il faut dire que beaucoup d’élèves viennent de tout Madagascar et sont donc internes, et ne rentrent qu’aux vacances, il faut donc leur proposer un vaste choix d’activités. Etonnement, seule la cantine a moins remporté d’enthousiasme (riz tous les jours). Pour ma part c’est le temps de transport en bus scolaire que j’appréhende pour lui, entre 45mn et 1h15 à l’aller et autant voire plus au retour…

Sinon nous avons aussi profité de ce long w-e de Pentecôte pour explorer de nouveau un peu les environs en nous rendant à Andasibe. Nous pensions avoir encore plus froid qu’à Mantasoa alors que finalement nous avons eu du soleil, sauf le lundi. Il ne faisait guère plus frais qu’à Tana le matin et le soir, c’est-à-dire que le chauffage était le bienvenu mais pas très efficace dans notre bungalow.
Bref, nous avons fait 3 ballades de 2h dans la forêt tropicale humide primaire et semi-primaire, très impressionnantes. Un guide est obligatoire car les chemins sont très peu balisés et il est impossible de s’y repérer tant la forêt est dense. 
Pourquoi ces balades ? Pour trouver les lémuriens, notamment le plus gros d’entre eux, le indri-indri au cri de vuvuzela, qui s’entend à plus de 3km à la ronde. Nous les avons enregistré sur le téléphone de Flo mais je n'arrive pas à l'insérer (Alix, au secours si tu me lis !!!)...


Une fois localisé le groupe d’indri, on les observe d’en bas car ils ne descendent que très rarement des arbres dont ils se nourrissent des feuilles : ils sont à une trentaine de mètres au-dessus de nous, donc on finit par avoir mal au cou et on voit surtout leurs postérieurs (sauf pour celui qui prend les photos avec le gros zoom) ! 

Ottavio a un peu peiné sur la fin à chaque fois, car il fallait quelquefois galoper rapidement en pente assez raide pour rejoindre un groupe d'animaux.
Le premier jour, l’observation des lémuriens a été grandement simplifiée avec la réserve gérée par notre hôtel sur un îlot.

Les animaux y sont tellement habitués à l’homme qu’ils n’hésitent pas à sauter sur les épaules pour prendre un morceau de banane. C’était donc un ravissement pour les petits comme pour les grands, l’occasion de faire quelques portraits et « selfies » ;))

Des arbres magnifiques, notamment des Ravinala/arbres du voyageur grandioses, la découvertes des fougères arboricoles, un caméléon rescapé en mue (l'hibernation a normalement commencé pour eux)... Nous étions ravis de notre petit w-e !

Mais lundi soir, il y avait pas mal d'embouteillages pour rentrer dans Tana, juste le temps de saisir ce contraste :
en fait ce sont les tas d'ordures d'une des décharges qui se consument lentement
Juste avant mon départ pour les grandes vacances, nous prévoyons de nouveau une sortie, entre copains cette fois et sur la côte est, histoire de retrouver la plage !


Bises à vous tous !