Pour les dernières
« petites » vacances des enfants, nous avons décidé de partir
tranquilles, en avion ! C’est que notre petit dernier est à peine remis de
la bilharziose (il faut encore faire des analyses début juin pour être sûr qu’il n’a plus
de vers), et le voyage en voiture serait trop crevant pour un si court séjour sur
place.
En effet, par la
route il faut compter 72h non stop, impossible car on ne roule plus de nuit dans tout Mada pour des raisons de sécurité. Elle est praticable jusque Ihosy sur la RN7
(où nous ne nous étions pas arrêté aux précédentes vacances. Tana-Ihosy = 600km
déjà), puis c’est une piste défoncée jusqu’à destination, soit 500km tout de
même, sans haltes « classiques » possibles.
Pas de description de
la route du grand sud donc puisque nous n’avons pas traversé ces zones arides.
Nous ne nous rendons
ainsi pas compte du véritable havre que représente Fort Dauphin, car du fait de
sa position, la ville et sa région immédiate sont extrêmement bien arrosées et
ne souffrent donc pas de sécheresse, ce qui n’est pas le cas dans le reste du
sud, où l’eau fait défaut depuis de longs mois et où les populations meurent
littéralement de soif et de faim (dixit une connaissance missionnaire qui en revient)…
Reprenons, départ à
la mi-journée en avion donc, avec une escale à Morondava, allongeant de 2h notre
voyage et nous faisant sauter le déjeuner. Arrivée vers 16h à l’hôtel, le
Talinjoo, une merveille : les chambres, très spacieuses, sont en dur, il y
a peu de cafards donc ;). Nous dominons la baie, et la piscine. La cuisine n’ouvre qu’à 18h, nous jeûnons donc
ce jour-là (oui c’est indécent de dire cela après le paragraphe
précédent)… Le temps est plutôt maussade, mais les enfants plongent tout
de même dans la magnifique piscine de l’hôtel avant la pluie.
Vues depuis notre terrasse :
Une partie de la chambre... |
Le pic Saint-Louis droit devant |
Nous sommes rejoints
le lendemain par des amis de Tana qui logent au même hôtel, le séjour est donc encore
plus gai !
La ville est vraiment
minuscule, nous l’avons arpentée à pied sous une petite pluie et n’avons même
pas pu visiter le Fort historique tenu désormais par les militaires, car les
horaires de visite sont très aléatoires : lorsque nous sommes passés, le
samedi après-midi, le garde laissait entrer des gens (des habitués ?) mais
pas nous, et nous a dit de revenir le lundi, sans garantie... Dommage, il y a
soi-disant encore quelques vestiges du Fort Flacourt de 1643. Notons au passage
que Fort Dauphin est le nom donné par les colons français mais que la ville
s’appelle désormais Taolagnaro. Personnellement je vais continuer, comme
beaucoup ici, à dire Fort Dauphin, ayant du mal à prononcer et retenir
correctement le nom en malgache (shame on me, je n’y arrive pas…). Pourquoi
Dauphin me direz-vous ? Tout simplement en l’honneur du dauphin du roi
Louis XIII, le futur Louis XIV.
Sous la pluie cela
perd de son charme, c’est sûr. Le petit port à l’abandon n’est pas des plus
attrayant, avec sa péniche rouillée échouée depuis on ne sait quand…
Oui c'est le port ! |
C'est une rue du centre, pas vraiment reluisant |
La bonne surprise a
été vers les taxis-brousse le resto « Chez Perline » qui ne paie pas
de mine (sans les indications du guide je ne pense pas que nous nous y serions
arrêtés) mais dont les crabes et langoustes sont délicieusement préparés !
La plage Libanona à côté de notre hôtel est magnifique et les rouleaux n’y sont pas trop violents (quoique…) : l’eau est très claire et froide (nous sommes à l’extrémité sud de Mada, les courants y sont froids donc), mais c’est tout de même un bonheur de s’y baigner.
Notre hôtel est invisible, tout à droite |
Notre hôtel est en hauteur, à ses pieds il n’y a pas vraiment de plage à proprement parlé, mais un beau platier sédimentaire de rochers acérés (et je m'y suis coupée bien-sûr) où se fracassent les vagues et où se nichent de gros coquillages, les « deda » (turbo marmoratus en latin).
C’est le RV des nombreux pêcheurs-plongeurs en apnée qui inlassablement récoltent ces coquillages nourriciers, un filet autour de la taille pour les contenir.
la plage des platiers n'a presque plus de sable : elle est jonchée de coquillages vides, de coraux morts, squelettes d'oursins |
Observer ce platier est fascinant car l’eau y jaillit en geyser : les vagues s’engouffrent sous la barrière rocheuse et ressortent plus loin par des anfractuosités. Le platier est constitué de multiples trous où la profondeur varie selon les vagues.
Les vendeuses (et leurs enfants) de colliers et coquillages nous laissent tranquilles quand nous leur disons habiter Tana et avoir déjà tout ce qu’il nous faut, ouf !
Un vrai programme de farniente cette fois, avec plage, piscine, jeux de cartes et de dés et un peu d’écran pour les enfants : levés tôt-couchés tôt !
Nous marchons jusqu’à une autre plage, Ankoba, dans la fausse baie des Galions, spot de surf réputé : nous arrivons par au-dessus et le paysage est grandiose
La plage Ankoba en bas, et QMM au fond |
notre hôtel au loin derrière dans les arbres (le tableau de famille aurait été pas mal mais Achille était en arrière !) |
Les vagues y sont effectivement belles et les courants plus puissants, même dans très peu d’eau. Ils ramènent au bord, certes, mais créent aussi des trous/marmites profondes et soudaines, juste au bord. Baignade sportive et vigilance accrue donc. Le restaurant « Chez Marceline » y donne un petit air de paradis.
Juste à côté se tient une espèce d’arêne (carrée) pour les combats de coqs dont les malgaches sont friands : il y a foule en milieu d’après-midi et nous nous pressons autour aussi pour contempler une partie du spectacle.
La plage depuis chez Marceline |
Nous nous scindons pour rentrer à l’hôtel, en taxi ou à pied (mon option). En chemin, je croise donc cette vache qui, bien qu’ayant de l’herbe à proximité, préfère manger ce qu’elle trouve sur le tas d’ordures, sur lequel il est rappelé qu’il est important de garder la ville propre…
Dans l’ensemble, le temps est malheureusement assez inégal, une dépression reste un peu bloquée plusieurs jours et il pleut systématiquement à partir de 17h.
C’est ainsi que je manque, avec Achille, une belle journée ensoleillée et excursion au lac Ambavarano et dans la baie de Lokaro car Achille a été malade toute la soirée et nuit précédente. Heureusement, ses diarrhées et vomissements nombreux cessent au matin car je commençais à m’inquiéter sérieusement…Ravenala (arbre du voyageur) et oreilles d'éléphants sur le lac Ambavarano |
Mais finalement cette excursion n’en a pas vraiment été une, ils
n’ont pu aller à la destination finale car l’écluse qu’il fallait passer était
impraticable. Impossible de passer l’embarcation, et marcher 12km en tongues ou
sandales dans des sentiers incertains n’aurait pas été sages avec Ottavio qui
fatiguait encore vite. La troupe est revenue beaucoup plus tôt, dépitée. Nos
amis étaient passés par un de leurs contacts sur place, mais cela n’a pas bien
fonctionné. Les agences de tourisme sur place sont honteusement chères, mais
sans doute que si nous étions passés par elles, un autre bateau les aurait
attendu de l’autre côté de l’écluse, tant pis !
Du coup nous avons
tous les 4 fait un massage, surplombant l’eau, un vrai régal : c’était une
première pour les enfants, qui ont adoré (à défaut d’aller au cinéma, ici on va au
massage ;) !). Depuis il faut que je leur en fasse un presque tous
les soirs avant de s’endormir !
Pour notre dernière
journée nous nous rendons au domaine de Nahamoana, à 7km de la ville :
nous pensions avoir déjà vu beaucoup de lémuriens en même temps, mais là ils
sont encore plus nombreux et peu farouches. C'est toujours un régal de les voir et de les approcher de si près, nous cueillons des mandarines et
ils viennent en prendre des quartiers directement dans nos mains !
Un caméléon femelle creuse son trou pour y déposer ses œufs juste au milieu du chemin qui, heureusement pour elle, n’est pas si fréquenté ;
"Bonjour Vazaha !" lors de la petite promenade en canot dans la réserve |
Notre public durant notre déjeuner (nous sommes venus avec la cuisinière) |
Juste des curieux, la quinzaine de makis est repartie 5 mn après |
L’ascension du Pic
Saint-Louis (529m) était aussi une des attractions prisées car le sommet permet
d’avoir une vue magnifique, mais depuis fin septembre dernier cette randonnée
est totalement déconseillée suite à une attaque très violente de traileurs (http://www.linfo.re/ocean-indien/madagascar/653123-la-randonnee-de-l-horreur).
J’ai oublié de parler
jusqu’à présent du port d’Ehoala, opérationnel depuis 2009, que nous n’avons
pas approché mais vu de loin car il se situe du côté opposé de la baie où nous
étions et son accès est strictement règlementé (les lumières étaient bien
visibles de nuit). Il s’est développé à la suite de la découverte d’un énorme
gisement d’ilménite, minéral riche en titane et en fer. Ses utilisations ?
Je reprends le guide Lonely planet pour cela : « Léger, non sujet à
la corrosion, plus résistant que l’aluminium et pouvant supporter de hautes
températures, ce minerai entre dans la fabrication d’alliages utilisés dans
l’aéronautique et certains équipements spatiaux de haute technologie. Il sert
également à produire du bioxyde de titane, ou blanc de titane, l’un des
composants des peintures. On l’utilise enfin pour la fabrication de certaines
prothèses médicales ». Le gisement de Fort-Dauphin représenterait environ
10% des réserves mondiales d’ilménites. La production est de 750 000 tonnes par an,
et l’Etat malgache est partenaire du projet à 20%, le reste appartenant à
l’entreprise canadienne Rio Tinto, via sa filiale malgache Qit Madagascar
Minerals (on nomme cet endroit « QMM » en fait).
Mais il paraît que
cela ne profite pas tant que cela à l’Etat ni à la ville elle-même…
Notre vol de retour
était prévu pour la mi-journée, nous comptions donc nous baigner une dernière
fois dans cette belle eau transparente : on nous annonce la veille à la
mi-journée que le vol est repoussé vers 15h, parfait cela nous laissera encore plus
de temps ; mais dans la soirée on nous annonce que finalement l’avion
partira à 8h20 !
L'aéroport est encore plus petit que celui de Morondava et Tuléar |
Le panneau d'affichage est aussi mythique |
Nous n’avons donc pas
fait nos adieux à la mer…, et sommes arrivés à Ivato vers l’heure du déjeuner
seulement, car il y a eu une escale à Tuléar. Du coup, cela devient une habitude,
nous avons déjeuné à la Rôtisserie ! Quoi, c’était tout de même le jour de
mon anniversaire !
Pour ceux qui
voudraient aller plus loin dans la découverte de Fort Dauphin et ses environs,
ce blog http://blogkotoko.fort-dauphin.org est très riche et
bien écrit ! Et ce site aussi, http://www.fort-dauphin.org/home,
créé par la même personne je crois.
Le dimanche suivant,
j’ai participé, sans Achille cette fois, à l’UTOP-Ultra trail des hauts
plateaux, pour les 10km seulement, avec 350m de dénivelé. Effectué en 2h19 pour
ma part, en marchant vivement puisque je n’aime pas courir. Dommage que le
parcours comportait deux fois la même boucle, on sait trop où cela va être
difficile au 2è passage ! Je ne pense pas réussir à faire les 30km l’année
prochaine, ou alors il faudrait beaucoup plus s’entraîner !
Le w-e suivant c’était
les portes-ouvertes à l’école pour accueillir les possibles nouveaux enfants et
parents du quartier. En ce moment je prépare activement avec l’association de
l’école la kermesse du 6 juin, le temps passe vite et nous allons nous
retrouver fin juin en un éclair !
A bientôt !